La banlieue brûle. Le feu se propage de villes en villes et Sarkozy a fini par fermer sa gueule. Il était temps. Je suis étonné de ne pas avoir été appellé à manifester. On devrait manifester lorsque cet abruti se permet d’aller insulter les gens chez eux sur le mode de la provocation, provocation que Sharon avait déjà expérimenté sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem. C’est affolant comme les ghettos sont coupés du reste du monde. J’ai un ami journaliste… - (J’ai pas mal d’amis journalistes en fait) – qui a une émission sur la banlieue à la radio. Interrogé par l’un de ses confrères, il parlait l’autre jour, pour décrire la cité des Bosquets à Montfermeil, d’un inframonde. Il me semble que la définition est assez juste. Politiquement, la banlieue n’existe pas. Zéro relais dans le monde syndical, dans la sphère politique. Au delà du phantasme cathodique, il n’y a rien. La banlieue brûle, la banlieue brille. Il faut ça pour que l’on daigne la regarder en face. Tout le monde condamne la violence. Dans ces moments difficiles, il convient paraît-il de rétablir rapidement « l’ordre républicain ». Quelques bagnoles qui brûlent et l’on condamne unanimement la violence des jeunes, - pardon - de « cette minorité de jeunes voyous qui ne veulent pas s’en sortir ». Mais personne ne condamne la violence quotidienne que subissent les habitants des quartiers populaires. Vous avez vu la gueule que ça a Montfermeil, la cité des 4 000, Créteil, Bobigny…Commençons par condamner fermement cette violence là avant de fustiger les excités qui brûlent les voitures de leurs voisins. C’est assez con au demeurant d’incendier la voiture de son voisin, la crèche ou l’école maternelle de son petit frère... Mais que faut-il donc qu’ils fassent pour se faire entendre ? Personne n’en a jamais rien à foutre, sauf quand ça crâme. Personne ne devrait avoir à vivre dans un tel enfer. Pourquoi ne pas simplement le dire ? Pourquoi ne pas condamner la violence insoutenable que constitue la misère, sociale, familiale, culturelle qui sévit dans ces quartiers. Le mépris a un visage, un visage gravé dans le béton de ces fantômes de villes où l’on entasse les gens comme de la barbaque rance. Les banlieux brûlent. Tant mieux où plutôt tant pis… Tout à coup, le personnel politique s’agite, parle d’un plan d’urgence pour la banlieue, donnant raison, en un sens, aux casseurs qu’ils dénoncent. Il faut que ça brûle pour qu’ils s’en soucient. Et bien brûlons. Brûlons tout si c’est ce qu’il faut faire pour changer les choses. C’est en tout cas le message, très clair, que l’on envoie à ces jeunes gens.
vendredi, novembre 04, 2005
La banlieue brûle, la banlieue brille...
La banlieue brûle. Le feu se propage de villes en villes et Sarkozy a fini par fermer sa gueule. Il était temps. Je suis étonné de ne pas avoir été appellé à manifester. On devrait manifester lorsque cet abruti se permet d’aller insulter les gens chez eux sur le mode de la provocation, provocation que Sharon avait déjà expérimenté sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem. C’est affolant comme les ghettos sont coupés du reste du monde. J’ai un ami journaliste… - (J’ai pas mal d’amis journalistes en fait) – qui a une émission sur la banlieue à la radio. Interrogé par l’un de ses confrères, il parlait l’autre jour, pour décrire la cité des Bosquets à Montfermeil, d’un inframonde. Il me semble que la définition est assez juste. Politiquement, la banlieue n’existe pas. Zéro relais dans le monde syndical, dans la sphère politique. Au delà du phantasme cathodique, il n’y a rien. La banlieue brûle, la banlieue brille. Il faut ça pour que l’on daigne la regarder en face. Tout le monde condamne la violence. Dans ces moments difficiles, il convient paraît-il de rétablir rapidement « l’ordre républicain ». Quelques bagnoles qui brûlent et l’on condamne unanimement la violence des jeunes, - pardon - de « cette minorité de jeunes voyous qui ne veulent pas s’en sortir ». Mais personne ne condamne la violence quotidienne que subissent les habitants des quartiers populaires. Vous avez vu la gueule que ça a Montfermeil, la cité des 4 000, Créteil, Bobigny…Commençons par condamner fermement cette violence là avant de fustiger les excités qui brûlent les voitures de leurs voisins. C’est assez con au demeurant d’incendier la voiture de son voisin, la crèche ou l’école maternelle de son petit frère... Mais que faut-il donc qu’ils fassent pour se faire entendre ? Personne n’en a jamais rien à foutre, sauf quand ça crâme. Personne ne devrait avoir à vivre dans un tel enfer. Pourquoi ne pas simplement le dire ? Pourquoi ne pas condamner la violence insoutenable que constitue la misère, sociale, familiale, culturelle qui sévit dans ces quartiers. Le mépris a un visage, un visage gravé dans le béton de ces fantômes de villes où l’on entasse les gens comme de la barbaque rance. Les banlieux brûlent. Tant mieux où plutôt tant pis… Tout à coup, le personnel politique s’agite, parle d’un plan d’urgence pour la banlieue, donnant raison, en un sens, aux casseurs qu’ils dénoncent. Il faut que ça brûle pour qu’ils s’en soucient. Et bien brûlons. Brûlons tout si c’est ce qu’il faut faire pour changer les choses. C’est en tout cas le message, très clair, que l’on envoie à ces jeunes gens.
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1 commentaire:
Arrete tes conneries ! Ces connards de banlieusards ( je parle de ceux qui foutent la merde ) ont brulé des voiture d'innocents , ont tué un photographe ! Si vous voulez du changement allez à Bercy , chez au siège du ministre de l'interieur et détruisez tout ça au lieu de s'en prendre à des innoncents
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