Une bonne nouvelle : Villepin écoute. Il écoute et il entend. C'est formidable. On lui dis : "Marre de la précarité, de la vie chère, de nos salaires de merde et de ta gueule de con" ! Villepin écoute, entend. Il se gratte le menton, cligne des yeux, écoute, entend. Il écoute encore un peu, histoire d'être bien certain d'avoir correctement entendu. Et puis quoi ? Rien. "Le Gouvernement... et patati et patata... La lutte pour l'emploi... blabla blabla, sans compter que la croissance blabla, prout boum" : contrat nouvelle embauche (précarité, demandez la formule illimité !), flicage des chômeurs et de multiples et dramatiques coup de pompes dans le code du travail. Franchement, vu comme il entend, il vaudrait mieux qu'il soit sourd. Il entend tout de travers. Ce doit être l'écho. L'écho, dans les salons feutrés de la République, c'est vraiment un truc terrible... A part ça, soyons rassuré, Villepin ne croit pas à la rupture de l'oberstrumfuhrer Sarkozy. Parce que la rupture, c'est la révolution, le sang... et gnagnagna raragnagna. (A ce propos, on l'entend plus celui-là, il est passé où, qu'est-ce qu'il mijote Sarkozy ? Va savoir...)
Entre 1,2 million et 400 000, dixit les flics. Allez, disons 800 000 dans toute la France, ce qui n'est pas mal du tout, surtout que, d'après nos brillants commentateurs autorisés, il y avait pas mal de travailleurs du privée dans les manifs. Bon. Et maintenant ? On en a super marre. Et on sait - une manif en mars, une autre en octobre - qu'on est pas seul.Bien.
Bon, bon, bon.
Voilà... c'est ça la merde avec les journées d'action.
Thibault recommence le petit jeu de con entamé avec Raffarin : "Attention, hein, ça va chier hein, si vous continuez... on fait une autre journée d'action dans 6 mois..." C'est pratique les journées d'action. Au lieu de partir en grève sur un truc simple et clair - Abrogation immédiate de toutes les ordonnances de Villepin - on noie le poisson : la vie chère, l'haleine de phoque de Maurice, l'inflation, la précarité, le mal aux dents, le vague à l'âme... Strauss Khan, qui a eu les couilles de venir manifester à Paris plutôt que de se planquer dans son manoir comme le petit Hollande, a eu une idée de génie : «Le ras-le-bol des Français doit trouver un débouché politique. C'est là que le PS doit jouer son rôle.» Tu l'as dit bouffi... Encore un qui écoute, et qui entend, probablement.


