samedi, octobre 01, 2005

Mise à mort

Dans le cas de la SNCM, on voit bien les mécanismes d’un processus qui conduit à la mise à mort d’une entreprise de service public. Comme dans le cas d’une corrida, chaque étape de cette mort programmée est soigneusement mise en scène.

1 – Déréglementation et libéralisation : des entreprises telles que Corsica Ferries, qui ne sont pas asujetties aux missions de service public, s’installent sur le marché. Tandis qu’elles se concentrent sur les destinations les plus rentables, elles exercent, au nom de la concurrence, de la compétitivité et de la rentabilité, une forte pression sur les salaires et les conditions de travail. Au bout de quelques années, l’entreprise de service public, à moins d’entrer à son tour dans cette logique de nivellement par le bas, finit par se trouver face à des difficultés inextricables. En général, sous prétexte de sauver l’entreprise, on a entre temps contraint les travailleurs à accepter des plans sociaux, des baisses de salaires… etc… D’année en année, le déficit se creuse.

2 – La recapitalisation de la dernière chance. Avant de porter le coup de grâce - et pour bien montrer aux récalcitrants que l’on a tout fait pour sauver le « service public » - on met quelques millions d’euros dans l’affaire. Des millions qui ne servent pas à grand chose puisque l’entreprise se trouve de toute façon confrontée à la même pression et au même système qui l’a plongé dans les difficultés. Grâce à cet effort, on peut cependant continuer à négocier des concessions avec les organisations des salariés.

3 – Le coup de grâce. Après une ou plusieurs recapitalisation – âprement négociées avec Bruxelles, bien entendu – on privatise. En général, au prétexte que l’entreprise ne vaut rien -puisque que l’on a, avec application, asséné la démonstration de sa débilité économique -, on la refile pour pas cher à des copains.

Conclusion : Dans cette comédie macabre, il s’agit bel et bien de livrer, et pour pas cher, un secteur économique aux capitaux privés et spéculatifs, tout en faisant baisser le coût du travail et de l’exploitation.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Belle démonstration !!

Anonyme a dit…

c est trèèès intéressant... et sarko dans l histoire??? le petit bonhomme, comme tu dis si bien mon cher julien, a au moins qqs idées comparé aux autres qui ne font que relativiser les choses, et si on le fait trébucher, alors il n y aura plus grand monde debout...